Qu'est-ce que la phytothérapie?
La phytothérapie est une approche thérapeutique qui utilise les plantes médicinales pour prévenir ou traiter certains troubles de santé, en complément de la médecine conventionnelle. Elle tire son nom du grec « phyton » (plante) et « therapeia » (traitement), ce qui reflète bien l’idée de soigner grâce au végétal.
On parle de drogues végétales lorsque l’on emploie la plante ou une partie de plante à des fins thérapeutiques. Selon la Pharmacopée européenne, ces drogues sont essentiellement des plantes, parties de plantes, algues, champignons ou lichens, utilisés entiers ou fragmentés, le plus souvent desséchés mais parfois frais. Elles doivent être définies avec précision par leur dénomination scientifique botanique, selon le système binomial qui mentionne genre, espèce, éventuellement variété et nom de l’auteur ayant décrit l’espèce. Cette rigueur permet d’éviter les confusions entre espèces proches et de garantir la sécurité d’emploi.
Les plantes peuvent être administrées par voie interne sous diverses formes: plantes en vrac pour tisanes, extraits liquides comme EPS, SIPF, teintures ou hydrolats, mais aussi poudres, gélules, comprimés ou médicaments à base de plantes disposant d’une autorisation de mise sur le marché. Elles peuvent aussi être utilisées par voie externe: frictions, cataplasmes, inhalations, bains, massages ou applications locales, selon l’organe à cibler et l’effet recherché. Ces différentes présentations permettent d’adapter la phytothérapie aux besoins et aux habitudes de chaque personne, tout en maîtrisant les doses.
En France, l’usage médical des plantes s’inscrit dans un cadre juridique précis, le monopole pharmaceutique. La loi du 11 septembre 1941 a supprimé le diplôme d’herboriste et créé le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens, réservant de fait la vente des plantes médicinales à l’officine pharmaceutique pour protéger le public. Les plantes médicinales reconnues sont inscrites à la Pharmacopée française, véritable répertoire officiel des plantes dotées de propriétés médicinales.
Cette Pharmacopée distingue deux grandes catégories de plantes. La liste A regroupe des plantes à usage traditionnel, considérées comme suffisamment sûres pour un conseil courant lorsque les précautions d’emploi sont respectées. La liste B rassemble des plantes dont l’usage nécessite une vigilance accrue, car leurs effets indésirables potentiels sont jugés supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu en automédication; elles requièrent donc un encadrement professionnel strict.
Ainsi, la phytothérapie n’est pas un simple recours aux « remèdes de grand-mère », mais une discipline structurée, appuyée sur des textes officiels, des connaissances botaniques et pharmacologiques, et des règles de dispensation précises. Elle offre une approche globale qui s’intègre aujourd’hui à la prise en charge moderne, à condition de respecter les indications, contre-indications et interactions possibles avec les médicaments classiques.
